Renault : pionnier de la réalité virtuelle

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Qui a dit que la France était à la traîne en matière de réalité virtuelle ? Ce secteur qui semble réservé aux ingénieurs de la Silicone Valley existe en réalité depuis de nombreuses années dans l’Hexagone. L’industrie automobile française fait même figure de pionnier en la matière, puisque le fabriquant Renault s’est intéressé à la conception numérique dès la fin des années 80. Zoom sur un acteur majeur de la simulation hyper réaliste en environnement de réalité virtuelle.

Derrière cette innovation majeure qui est en passe d’intégrer bons nombres de foyers français aujourd’hui se cachent des innovateurs qui travaillent depuis plus de 3 décennies sur le projet et son application dans le secteur de l’industrie.

Andras Kemeny : l’innovateur

Pour ce qui est du secteur de l’automobile : Andras Kemeny illustre cette innovation à la française. Ce pionnier de la réalité augmentée est depuis 2007 responsable du centre de réalité virtuelle et de simulation immersive de Renault, un centre qu’il a par ailleurs créé en 2002. Il a rejoint le constructeur automobile afin de poursuivre le développement instauré depuis 1992. A l’époque, Renault « figurait parmi les 30 entreprises au monde à posséder une application Silicon Graphics, avec Volco ou encor Alias Systems » déclare Andras Kemeny.

Des casques de RV dès 2004

Le développement de Renault en ce sens a débouché sur la création de casques de réalité virtuelle, dès 2004. Des casques SEOS 120 qui avaient pour caractéristiques un champ de vision de 120° horizontal ainsi que 50% de couverture en stéréoscopie. Une innovation qui intégrait également les mains de l’utilisateur et le cockpit physique de la voiture dans laquelle il était assis. Une application de réalité mixte, qui mélange environnement virtuel et réel, qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet la même année.

Perfectionnement des « CAVE »

Les CAVE (Cave Automatic Virtual Environment), qui plongent littéralement l’utilisateur dans une pièce immersive en réalité virtuelle, se sont perfectionnées avec les années et notamment depuis l’arrivée de la 4K en 2013. Renault a pu reprendre son développement des CAVE qu’il jugeait insuffisant auparavant.

Doté aujourd’hui du CAVE IRIS, véritable fleuron d’innovation, Renault a mis en service une salle immersive 5 faces de 140m2 capable d’afficher 70 millions de pixels en 3D. Coût de l’opération : 3 millions d’euros.

Quel intérêt ?

Outre l’intérêt technologique, la réalité virtuelle représente un intérêt économique et stratégique majeur pour l’entreprise. Le CAVE s’inscrit en effet au cœur du développement des futurs véhicules Renault.

Le processus de conception se virtualise petit à petit, le nombre de prototypes physique diminuant : « Cela a été le cas pour l’Alpine notamment. Nous l’avons testée pendant 6 mois dans notre CAVE IRIS et le nombre de prototypes physiques a été réduit de manière significative » affirme Andras Kemeny. Un gain de temps et d’argent considérable peut se profiler pour les constructeurs automobiles utilisant cette technologie.

Prochaines étapes : l’installation de CAVE 4K 5 faces pour cet été ainsi qu’un projet de CAVE P3I en collaboration avec la Roumanie. Aussi, le constructeur planche sur l’haptique, soit le développement du sens du toucher.